14 décembre 2007

I'm not there, I'm everywhere.

  im_not_there_poster

    Quand on dit Bob Dylan, certain pense à un gamin, folkeux, l'harmonica pendu à la bouche, d'autre au maître absolu de la protest song, d'autres encore voient l'homme qui a défrayé la chronique en électrisant sa musique ou bien pensent au chanteur de country. Certain pensent même à l'inventeur du rock chrétien, bien que ce ne soit pas là sa meilleur période. En tous les cas, tous s'accordent à dire qu'il s'agit d'un (le?) des plus grands artistes que la terre aie porté. Mais voila, face à la multiplicité des aspects de Dylan, comment réaliser un film qui pourrait retranscrire tout cela? La réponse vient de Todd Haynes, déjà responsable du film Velvet Goldmine (c'est une chanson de Bowie, voyez l'influence musicale du bonhomme) qui nous livre, non pas un biopics conventionnel (ne voyez pas cela comme un terme péjoratif) tel que Ray ou La Môme. Non, Haynes va bien au-delà de ça et nous présente le destin de six personnages représentant un aspect de Bob Dylan, sans qu'aucun d'eux ne soit Bob Dylan. Le nom n'est d'ailleurs jamais mentionné. Six personnages signifie six acteurs, et pas des moindre. Dans le lot, on retrouve notamment Batman et Galadriel (Christian Bale et Cate Blanchett, et oui, une femme) mais également Richard Gere, mais aussi un jeune homme de 11 ans, Marcus Carl Franklin. Pour ne pas faire de jaloux, citons aussi le travail remarquable de Heath Ledger (le joker dans le prochain Batman) et Ben Wishaw. Six personnages donc, tous traités sur un mode différent. Christian Bale incarne le Dylan chanteur de folk, présenté sous la forme d'un documentaire avec des témoignages de proches (cette femme me rappelle terriblement Joan Baez, quelle surprise) et l'on a là un personnage très proche de ce qu'a pu être et de ce qu'a pu représenter Dylan au début de sa carrière, puis lors de sa conversion au christianisme. Mais l'acteur qui colle le plus à la réalité historique du personnage est une actrice. Cate Blanchett incarne à merveille lei_m_not_there_16_reference coté androgyne du Dylan de 66-67, de la période électrique jusqu’à l'accident de moto. La ressemblance est troublante, le mimétisme est fascinant. Changez quelques noms et vous aurez un copier-coller de la vie de Dylan durant cette période : La haine de son publique qui le voit comme un traitre, la drogue, l'amitié avec les Beatles (hilarante)... Tout y est, drôle et terrible à la fois. La facette de Dylan que j'ai préféré (merci Cate). Mais ça ne veut pas dire que les autres sont moins bonnes, loin de la. Heath Ledger incarne le Dylan privée et ses histoires d'amour réunies en la personne de Charlotte Gainsbourg (je vous l'ai dit que le casting est génial). Mais ces histoires très proche de la réalité sont ponctuées de récit beaucoup plus allégoriques. Richard Gere est Billy the Kid, le Dylan de 73, le Dylan de Knockin' on Heaven's Door et de Pat Garret et Billy the Kid. Quant au jeune Marcus Carl Franklin, il représente le Dylan méconnu, le Dylan qui apprend, ainsi que la part de Woody Guthrie qui est en lui. Le tout est parsemé par un Dylan se faisant appeler Arthur Rimbaud (poète adoré par le chanteur mais également par le réalisateur du film), traité à la manière d'un interrogatoire.

story   
    Toutes ces histoires s'entremêlent, les destins se croisent même par moment. Le tout est très joliment monté, parfois très drôle, surtout les parties avec Cate Blanchett, ce qui contrebalance avec le fait qu'il s'agisse là du portrait le plus tragique et violent du personnage. Je ne suis pas particulièrement habitué au film indépendant de ce genre, ce n'est pas un cinéma que j'ai l'habitude d'aller voir, peut-être même que j'aurais tendance à trouver chiant, simplement parce que c'est l'avis qu'en ont la plupart des gens. Pourtant, ce n'est pas la première surprise que j'ai eue, loin de là (je pense notamment à Tarnation, de Jonathan Caouette, très différent de celui-ci mais qui m'a fait un effet un peu similaire). Ce film m'a scotché du début à la fin. Peut-être parce que je suis fan de Dylan et que je connais les différentes périodes de sa vie assez bien, ce qui m'a probablement permis d'extraire l'homme derrière ces six portraits. J'aiI_m_Not_There beaucoup de mal à réaliser comment un homme qui ne connaît pas l'artiste peut envisager ce film (mal, d'après les réactions des gens en sortant de la salle). J'imagine que dans ce cas là, il doit falloir faire totalement abstraction de Dylan, car le film va bien au-delà du personnage et porte sur d'autres choses (la manière dont les gens peuvent s'approprier un artiste et son oeuvre, et l'évocation d'une époque révolue entre autre). Quoi qu'il en soit, je pense sincèrement qu'il s'agit d'un très beau film, et l'occasion d'entendre des titres connus et moins connus du poète (et avec le son d'une salle de Ciné, ce qui n'est pas rien). Le mot de la fin revient à Cate Blanchett, qui laisse glisser à travers ses lèvres un magnifique How does it feel?

Posté par Doctor à 21:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur I'm not there, I'm everywhere.

    Bien bien bien

    Bien bien bien...
    BONNE ANNEE! ET TOuT PLeiN De BoNHeUr!
    BISES

    Posté par mam, 01 janvier 2008 à 14:13 | | Répondre
  • J'adore ta critique. Je suis allé le voir et j'ai beaucoup aimé, même si je ne connaissais rien de Bob Dylan. J'ai mis un certain temps avant de comprendre que les 6 acteurs étaient en fait une seule et même personne. Mais le film est vraiment captivant, à tel point que je n'ai même pas fait gaffe que le chanteur était joué par Cate Blanchett. Il y a des images que j'aime bien comme celle de la baleine qui happe le petit garçon. Évidement, j'ai eu dû mal à suivre quelques fois, avec les flashback et les changements d'histoires... mais j'ai trouvé quand même le film super et ma première réaction a été d'écouter les zic de Dylan et de voir sa biographie sur Wikipédia !Donc pas besoin de connaitre le poète pour apprécier le film!

    Posté par Salopio, 04 janvier 2008 à 15:01 | | Répondre
  • HEU...

    C'est qui Salopio?
    Hein?
    Dis,
    Qui c'est???

    Posté par mam, 28 avril 2008 à 21:06 | | Répondre
  • HEU...

    C'est qui Salopio?
    Hein?
    Dis,
    Qui c'est???

    Posté par mam, 28 avril 2008 à 21:06 | | Répondre
  • HEU...

    C'est qui Salopio?
    Hein?
    Dis,
    Qui c'est???

    Posté par mam, 28 avril 2008 à 21:06 | | Répondre
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